La déclaration de Jean-Louis BOTELLA décédé d'un cancer de l'amiante à 38 ans.

Pour moi c'est fini, je sais qu'il me reste entre 6 mois et 2 ans.

Mais je vais me battre, pour ma famille et pour mes copains. Et quand je ne serais plus là, ils continueront.

Aujourd'hui, quand je vais à Atochem, je vois qu'à la Direction ils ont peur, ils déroulent le tapis rouge pour moi. Mais je n'oublie pas qu'hier, quand je protestais, ils s'arrangeaient pour me faire perdre une prime ou pour m'envoyer dégazer les bouteilles sur le parc les jours de pluie.

C'est pour les autres que je vais me battre. Je veux coûter très cher à Atochem , parce qu'alors ils ne mégoteront plus pour changer les calorifuges, les presse-étoupe ou les joints en amiante tout en annonçant des milliards de bénéfice à leurs actionnaires.

Je veux qu'ils réalisent la carte de l'amiante dans l'entreprise (comme elle a été faite à BP Chemicals), et qu'ils remontent dans les archives pour les ateliers disparus. Je veux que mes copains sachent si oui ou non ils ont été exposés, je veux qu'ils fassent une liste nominative de tous ceux qui ont été exposés, parce que cette saloperie se déclare tout d'un coup, sans signes préalables, et alors elle ne laisse aucune chance.

Entre les périodes de chimiothérapie, je serais là pour me battre, avec l'aide de ma soeur.