L’incidence des cancers imputables au milieu de travail est estimée entre 11.000 et 23.000 nouveaux cas par an (estimation réalisée sur les 280 000 nouveaux cas de cancer en 2000) . Chaque année, on peut estimer qu’environ 6 000 ouvriers meurent de cancers du poumon attribuables au milieu de travail. On ne dispose pourtant d’aucune liste des postes de travail en cause.

Parce qu’on ne peut pas en rester à ces constats, nous présentons les données relatives à tous les cas de cancer pris en charge par le SIC (Système d’Information Concret) entre 2003 et 2009. Ce travail n’est donc pas le résultat d'une recherche ponctuelle, effectuée par des spécialistes extérieurs à la réalité quotidienne du territoire. C’est celui d’une implication et d’un engagement à long terme de médecins, de personnes déjà atteintes, de syndicalistes, de techniciens de prévention, de managers, d’élus : tous vivent quotidiennement la réalité des maladies causées par le milieu de travail et veulent contribuer à y mettre un terme. Tous les cas de cancers présentés dans ce rapport ont, pour eux, un nom et un prénom.



La question, pour la personne, dépasse justement celle de savoir si l’exposition aux cancérogènes diminue ou non avec les progrès de la prévention. Pour elle, il s’agit de pouvoir disposer d’une information certifiée sur ce poste de travail qu’elle occupe quotidiennement. Pour une intervention chirurgicale, on lui demande un « consentement libre et éclairé ». Pour l’exposition aux risques professionnels, non : c’est précisément ce qui demande un changement de paradigme.