Le besoin de rétroaction est une condition de survie pour tous les systèmes vivants, et ce n'est pas vouloir placer de la biologie partout que d'affirmer que la complexité ne s'accommode pas des systèmes qui veulent tout régler en amont sans développer les moyens de savoir ce qui se passe en aval.

Professeur Claude GOT, Rapport Amiante, 1998.

Aujourd’hui, tout est risque : PCB dans les poissons, BPA des tétines de biberons, ondes électromagnétiques des téléphones mobiles, éthers de glycols, amiante, etc. Face à la multiplication des situations réputées dangereuses, les citoyens sont inquiets, désemparés.

Comment construire un comportement collectif positif dans la lutte contre les maladies éliminables, favoriser une meilleure intégration entre tous les groupes concernés (citoyens, médecins, experts, élus du territoire), dans une situation où « risque avéré » et hypothèses plus ou moins fondées sont placés au même niveau, ou l’information sur les risques environnementaux est simultanément surabondante, insuffisante et contradictoire ?

Le SIC (Système d’Information Concret) est né de l’exigence de pouvoir disposer, sur le territoire, d’une représentation du risque avéré concrète, accessible et compréhensible par tous. Un « panneau territorial des risques » qui réponde à la question : où se situe réellement le risque, avec quels effets sur la santé des personnes exposées ?

Le « Panneau Territorial des Risques représente un outil absolument clair par rapport au comportement demandé à chacun dans le processus de contrôle des effets de l'environnement sur la santé. Une seule condition à respecter : la règle des priorités, de la hiérarchie qui découle de la gravité et/ou de la fréquence des MALADIES effectivement constatées (« risque avéré »). Une règle de conduite entre personnes, qui ne demande ni consommation d'énergie ni élaboration de signaux sophistiqués.

Des critères de gravité et de fréquence ont conduit au choix de 6 risques de maladies prioritaires : les CANCERS, les ASBESTOSES, les SILICOSES, les BRONCHITES CHRONIQUES, les ALLERGOPATHIES, les SURDITÉS.

Deux archives en ligne garantissent l’accessibilité « en temps réel » de toutes les données :

Parce qu’il ne suffit pas de procéder à une enquête ponctuelle et d'en faire une synthèse, qu’il convient d'assurer une mise à jour permanente de la situation réelle, le Panneau se construit jour après jour.

Il résulte d’une accumulation des connaissances singulières de chaque personne et de chaque médecin, vérifiées et organisées par un pôle de « cartographie du risque », responsable des archives et des procédures.

Le but étant de construire une information utile à l’action, de permettre le contrôle de ses effets au moyen de procédures interactives, le « conteneur » de ces données se doit d’être un milieu structuré du point de vue de l’organisation sociale. La commune représente l’unité sociale structurée élémentaire qui peut avoir, et qui a déjà par certains aspects, des caractères cybernétiques, c’est-à-dire qui permette de construire une perspective de contrôle des informations locales en fonction de l’autorégulation d’un système.

A quoi bon accumuler toutes les données qu’on accumule de nos jours si l’on n’en dérive pas des informations utiles à la mise en œuvre de comportements collectifs valables, vérifiables dans leurs résultats ?